LA BANQUE EN FRANCE |
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La définition la plus générale que l'on peut donner pour caractériser une « banque » est de décrire sa fonction principale : l'Intermédiation.
Loi du 13 juin 1941 :
« Sont considérées comme banque, les entreprises qui font profession habituelle de recevoir du public sous forme de dépôts […] des fonds qu'elles emploient pour leur propre compte en opération d'escompte, en opérations de crédit ou en opérations financières. »
Loi 84.46 du 24 janvier 1984 relative à l'activité et au contrôle des établissements de crédit (dite « loi bancaire » est plus explicite car son article 1er énonce :
« Les établissements de crédit sont des personnes morales qui effectuent à titre de profession habituelle des opérations de banque.
Les opérations de banque comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit, ainsi que la mise à la disposition de la clientèle ou la gestion de moyens de paiement. ».
Les opérations de banque sont donc :
Remarques :
Pour les opérations effectuées « à titre habituel », l'article 10 donne le monopole aux établissements de crédit. Ceci ce retrouve dans tous les pays ; la collecte des dépôts du public est une activité très encadrée. Régles strictes de procédures, de gestion et de contrôle.
La contrepartie du monopole se situe dans l'encadrement stricte de cette activité ainsi que sur une série d'autres opérations :
Cf. les Opérations Connexes.
Les définitions économiques passent par les principales fonctions qu'occupent les banques :
1.1.3.1 La gestion des moyens de paiement
Présente depuis peu dans le droit français, absente dans de nombreux droits étrangers. Il semblerait que ce soit une spécificité française.
La circulation de la monnaie est une fonction essentielle au bon déroulement de la vie économique d'un pays.
Cf. l'école des monétaristes.
1.1.3.2 La transformation
Sens économique du terme : transformation des facteurs de production donne une définition large au sens de transformation par les banques.
Les banques utilisent une matière première particulière : l'argent, qu'elles transforment sur la durée de disponibilité (ou d'indisponibilité), sa liquidité, son rendement, la monnaie d'expression etc.Mais pour éviter de nombreuses confusions, les banquiers accordent un sens beaucoup plus strict de la fonction de « transformation » : Allongement des échéances réalisé lorsque les banques prêtent à moyen terme ou long terme des ressources à terme plus court, voire à vue.
Cf. coefficient de fonds propres et ressouces permanentes.
La Commission bancaire calcule un indicateur de transformation pour les opérations avec la clientèle. Durant la décennie 1980 celui-ci est passé de 3,8 à 2.
Exercice : Commentez l'évolution de celui-ci.
1.1.3.3 L'évaluation et la mutualisation des risques
Activité propre aux banques et composante essentielle du métier de banquier. Celle-ci n'est pas liée uniquement à l'activité des prêts, mais beaucoup plus large que celle-ci car comporte notamment tous les crédits par signature et les engagements hors bilan !
Les risques que le banquier doit évaluer dans son activité quotidienne sont :
Le risque d'immobilisation
Le risque de taux
Le risque de contrepartie.
Plus spécifiquement, les risques sur les marchés de capitaux.
Exercice : Dites à quel risque général se rattache chaque risque exercé sur les marchés de capitaux.
La fonction de mutualisation des risques doit être exercée dans des conditions économiques supportables et dans un climat serein. C'est l'origine d'un principe fondamental en matière de crédit ; le banquier est libre d'accepter ou de refuser de prêter à un client. Le refus de vente est donc licite pour l'activité économique de prêt d'argent.
Exercice : Analysez les conséquences en matière de marketing et publicité sur le refus de vente licite.
1.1.3.4 L'arbitrage entre les différents marchés de l'argent.
La banque intervient sur les divers marchés de l'argent par fonction d'arbitrage.
Au sens étroit du terme il s'agit d'opérer sur les dysfonctionnements temporaires des marchés, et de contribuer par là même, à les éliminer. C'est le principe de la fixation du prix par les lois de l'Offre et la Demande (définition d'un marché).Mais plus largement et pour rester plus proche de la réalité de la fonction de banquier, l'arbitrage vise à réaliser l'équilibre des marchés de l'argent et à assurer la péréquation des taux de rendement des divers instruments négociables en fonction du risque et des échéances.
1.1.3.5 Les relations avec le Reste du Monde.
Les banques n'interviennent pas uniquement dans la limite de leur état, mais s'étendent à la scène mondiale. Elles jouent ici un rôle indispensable dans la gestion des équilibres – ou déséquilibres – des balances des paiements. Citons notamment les grands déséquilibres :
recyclage des pétrodollars
déficits du budget fédéral des États-Unis
déficits de la balance commerciale des États-Unis
Excédents des pays du Sud-Est asiatique
Quelques conséquences découlant des définitions précédentes… et qui font la spécificité du métier de banquier !
Les clients des banques se trouvent fréquemment à la fois ou successivement, déposants et/ou emprunteurs. Les relations sont donc complexes sur le plan tant technique que psychologique !
Peu de professions ont les mêmes partenaires comme fournisseurs et comme clients ! L'attitude des banques doit donc tenir compte que leurs clients sont aussi leurs principaux fournisseurs et que leur position est variable en fonction des prestations en cause.
Les produits vendus sont souvent joints. Les comptes courants sont alternativement débiteurs ou créditeurs ; des comptes d'épargne peuvent déboucher sur un prêt ; les opérations financières s'accompagnent d'opérations bancaires liées. La conséquence de ces produits multiples réside dans une grande difficulté pour la comptabilité analytique à isoler les produits afin d'en sortir un coût réel de production.
Il existe une grande complexité dans les relations entre la banque et ses clients qui nécessite un climat de confiance sur le long terme alors que dans le même temps, les habitudes de consommation courante tendent de plus en plus à s'accélérer.
Les banques jouent un rôle économique qui ne peut laisser indifférent l'État. La seule gestion des moyens de paiement leur donne comme clientèle la totalité des autres agents économiques. Le crédit est indispensable à l'économie ; son octroi comme son retrait a des conséquences graves et immédiates sur la vie des entreprises.
C'est la vision interne de l'Intermédiation. Le bilan des banques a été adapté de la comptabilité classique pour tenir compte de la spécificité de cet agent économique particulier. Il permet de connaître à la fois les opérations qu'il enregistre, mais également les agents économiques avec lesquels ces opérations ont été faites.
Actif | Passif |
---|---|
Classe 1 Comptes de trésorerie et d'opérations interbancaires |
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Classe 2 Comptes d'opérations avec la clientèle |
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Classe 3 Autres comptes financiers |
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Classe 4 Valeurs immobilisées |
Classe 5
Capitaux permanents |
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Comptes de Hors bilan |
Exercice : Comparez ce bilan à celui d'une entreprise classique.
1.3.1.1 Classe 1
Ces comptes enregistrent des opérations techniques et des opérations de trésorerie. Ce sont des comptes d'établissements financiers correspondants, des comptes de liaison ou de compensation. Ce sont les témoins des réglements entre banques. Mais ils peuvent être également des comptes financiers lorsqu'il s'agit d'opérations de crédit entre divers établissements ou des dépôts provenant d'autre banques – souvent étrangères (comptes nostros et loros).
Les comptes de valeurs reçues ou données en pension témoignent de l'activité des banques sur les marchés monétaires.
1.3.1.2 Classe 2
C'est la partie principale du bilan d'une banque « classique ».
À l'actif, les crédits accordés à la clientèle ; au passif, les dépôts de la clientèle. C'est ici que sera directement visible l'Intermédiation !
Les fonds prêtés par les banques proviennent habituellement des dépôts des clients, si bien que la sécurité des dépôts dépend de la solvabilité des emprunteurs. Il s'agit bien de « L'argent des autres… » !Différentes distinctions sont nécessaires pour étudier plus en détail ces comptes :
Catégories d'agents économiques
répartition de la clientèle
Catégories d'opérations avec la clientèle
Catégories d'opération avec la clientèle Actif – (emplois) Passif – (ressources)
- crédits à court, moyen et à long termes
- créances commerciales
- comptes ordinaires débiteurs
- comptes ordinaires créditeurs
- comptes créditeurs à terme
- comptes d'épargne à régime spécial
- bons de caisse
Catégories d'opérations selon la devise.
Les bilans sont exprimés en euro, mais les banques – par nécessité – font de nombreuses opérations en devises. Pour les 3 principales banques cela représente environ 1/3 du bilan. Cette proportion varie fortement d'une année sur l'autre en fonction de la parité euro / dollar enregistrée au 31 décembre ou à la date d'arrêté des comptes !
Catégories d'opérations selon la nature juridique et fiscale du client.
Comptes de résidents et comptes de non-résidents.1.3.1.3 Classe 3
Ces comptes ont une fonction purement technique. On y enregistre les opérations dont le dénouement devra être rapide — généralement liées à toutes les opérations de compensation ou de livraison de titres (compta. matière et financière).
1.3.1.4 Classes 4 & 5
Idem que les bilans des entreprises non financières. C'est donc ici qu'apparaîtra le résultat de l'exercice, au Passif s'il est positif, à l'Actif s'il est négatif.
1.3.1.5 Comptes de Hors Bilan
Très importants dans les banques, ces comptes demandent une étude particulière et approfondi ! Ils regroupent les engagements par signature qui peuvent, s'ils ne sont pas maîtrisés, mettre en péril la banque alors que son résultat comptable peut être largement exédentaire !
Étude macro-économique établie grâce au Tableau des Opérations Financières (le TOF).
Exercice : Commentez cet exemple de TOF (un peu ancien il est vrai...).
1.3.2.1 Les agents non financiers
Plus important créancier : les ménages (y compris E.I.)
Plus importants débiteurs : les sociétés et les administrations publiques.
Agents n'ayant jamais changé de sens (depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale) :
- Les ménages qui n'ont jamais cessé d'épargner.
- Les sociétés ont toujours emprunté pour investir (très fort accroissement dans les années 70, ralentissement notable dans les années 80).
Agents ayant changé de sens :
- Les administrations publiques (avec en premier, l'État lui-même).
- Le Reste Du Monde (généralement négatif, parfois positif ; 1980, 1987 par exemple).
1.3.2.2 Les intermédiaires financiers
Les E.C. sont par définition d'importants opérateurs puisque ce sont eux qui réalisent les opérations. Mais durant les années 1980 ils sont devenus apporteurs nets de capitaux très importants car les excédents d'exploitation qu'ils ont réalisés leur ont procuré un capacité de financement propre.
Il est a noté que durant la même période, l'Etat a cherché à diminuer leur importance dans le circuit de l'économie dans le seul but de faire baisser le coût du crédit en cherchant à minimiser son passage obligé par les opérateurs. C'est ce qu'on a appelé la désintermédiation.Le Conseil National du Crédit (CNC) a calculé que le taux d'intermédiation représentait approximativement 80% du financement de l'économie en 1981, pour n'atteindre que 48% environ fin 1987 !
Enfin, le Reste du Monde revêt un rôle capital car il représente l'équilibre ultime entre demandeur et offreur de capitaux nationaux. Jusqu'en 1987 le RdM était apporteur, à partir de 1987 il est devenu demandeur.
Il existe de nombreuses façons différentes de sectoriser sa clientèle. Celle-ci étant variable par banque et dans le temps, la Commission bancaire a adopté une répartition selon 4 catégories d'agents :
Sociétés,
Entrepreneurs individuels,
Particuliers,
Divers.
Aujourd'hui, les banques ont restructuré leur segmentation de la clientèle selon une approche centrée sur les besoins (ce qui revient à une approche « produits » en terme de marketing). Nous avons donc une segmentation qui ressemble plus à celle-ci :
Particuliers,
Professionnels
PME / PMI
Grandes entreprises
Collectivités locales et secteur associatif
Autres banques et institutionnels (ENBAMM).
Structure du réseau bancaire (fin 2004)
Réseau | Nombre d'établissement | Nombre de guichets permanents | Nombre de compte (en milliers) | Montants des dépôts (en milliards d'euros) |
---|---|---|---|---|
Banque Centrale | 1 | 178 | 30 | 0,80 |
Banques (ex AFB) | 328 | 10693 | 21478 | 157,60 |
Caisse d'Épargne et de Prévoyance | 31 | 4550 | 10977 | 26,00 |
Banques Mutualistes ou Coopératives | 95 | 11063 | 26560 | 120,70 |
Caisses de Crédit Municipal | 20 | 77 | 60 | ND |
Sociétés Financières | 426 | ND | ND | ND |
Institutions Financières Spécialisées | 11 | ND | ND | 4,10 |
Entreprises d'Investissement (1) | 631 | ND | ND | ND |
La Poste | 1 | 17000 | NC | 33,20 |
Le Trésor Public | 1 | ND | ND | 36,10 |
TOTAL | 1 545 | 26561 | 59105 | 378,50 |
Dont succursales des établissements étrangers | 71 |
L'article L. 518-1 énonce un certain nombre d'établissement qui - bien que n'étant pas des E.C. à proprement parler - bénéficient d'un certain nombre de leurs prérogatives. N'étant pas agréé, ces institutions ne peuvent bénéficier des procédure de reconnaissance mutuelle et de l'ensemble des services communs. Reste également à s'interroger sur les aspects de concurrence et des conditions d'application de leur activité.
Ces institutions spécialisées sont :
Les règlements financiers en espèces ou fiduciaire ne peuvent faire l'objet que d'une évaluation. En France, cette évaluation est effectuée par le CNC et représentait environ 15 milliards de FRF en 1987.
Les moyens de paiement scripturaux (cartes, chèque, virement, prélèvement etc.) sont les dispositifs qui permettent le transfert des fonds tenus en compte par des établissements de crédit ou des institutions assimilées, constituant la monnaie scripturale, suite à la remise d'un ordre de paiement que doit exécuter l'établissement teneur de compte.
Quelques aspects de la communication bancaire...
Établissement de Crédit |
Logo
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Couleurs | Polices |
Mécénat
|
---|---|---|---|---|
Banques Populaires |
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Bleu ciel Bleu roi Blanc |
Sans sérif | Voile |
BNP Paribas | Vert
Blanc |
Sans sérif, italique |
Tennis
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Caisse d'Épargne |
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Rouge
Gris |
Sans sérif, italique | Football |
CIC
(filiale groupe Crédit Mutuel) |
![]() |
Bleu
Émeraude Blanc/Rouge |
Sans sérif | Mécénat culturel
(musique classique, archéologie...) |
Crédit Agricole |
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Vert
Rouge |
Sans sérif | Cyclisme
Football |
Crédit du Nord | ||||
HSBC France |
![]() |
Rouge
Blanc |
Avec sérif | Course croisière (voile) mais beaucoup de mécénat culturel |
LCL |
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Jaune
Bleu |
Sans sérif | Cyclisme
Le tour de France |
Société Générale |
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Rouge
Blanc |
Sans sérif |
Rugby
Golf |
Approche clientèle (et non, « approche - client »), c'est-à-dire celle correspondant à l'ancienne répartition de la clientèle des banques
Approche produits
Approche besoin.
Les caractèristiques principales de l'offre sont mises en exergue sans entrer dans le détail des produits qui font l'objet des thèmes abordés lors de sessions ultérieures.
Mes sources pour ce cycle de conférence fûrent :
- La Banque En France. Presses de la fondation nationale des sciences politiques & Dalloz
Jean–Jacques Burgard. Professeur à l'Institut d'études politiques de Paris- Économie Contemporaine
Denise Flouzat. Tome 1 – Les fonctions Économiques – PUF 1979. Professeur d'économie à Paris I. Membre du CPM.- Dictionnaire Electronique pour la Finance et l'Informatique (DEFI)
Thierry Feltz.
Activités Bancaires Appliquées (descriptif du travail)
Analyse d'Arrêt (méthodologie)
Articles de Droit à connaître (pour le BTS Banque)
Le Cas pratique de droit bancaire
Le contrôle des établissements de crédit
Le Crédit
Les Relations Interprofessionnelles
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