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La MONNAIE |
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Conférence pour le BTS Banque |
1ère année |
© Thierry Feltz pour IFCV (2006) |
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Pour Denise Flouzat, qui cite A. Chaineau et son Mécanismes et politique monétaire, coll. « SUP », PUF, 1971 :
« La monnaie est constituée par l'ensemble des moyens de paiement directement utilisables pour effectuer des règlements sur les marchés des biens et des services, c'est-à-dire par l'ensemble des actifs acceptés partout, par tous et en tous temps pour le règlement de dettes issues de l'échange. »
Pour Raymond Barre, dans Économie politique, coll. « Thémis », PUF, tome 2 :
« La monnaie peut se définir comme un bien d'échange généralement accepté au sein d'une communauté de paiement. »
Cette confiance se manifeste généralement au sein d'une communauté qui est la nation, mais parfois certains instruments monétaires acquièrent des caractères de monnaie internationale comme l'or ou le dollar.
Tout moyen de paiement qui permet de régler sans délai et définitivement une dette ou un achat. Elle possède trois fonctions essentielles :
Elle doit posséder en outre un pouvoir libératoire.
1.2 Monnaie FiduciaireMonnaie constituée par les billets et les pièces.
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Rapide historique :
Rome Moyen Âge France |
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Cependant, l'or va conserver deux usages bien définit :
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Les billets de banque vont évoluer selon le shéma suivant :
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1.3 Monnaie ScripturaleMonnaie ainsi dénommée parce qu'elle est inscrite sur les livres de certaines institutions financières. Elle est apparue en même temps que les premières banques et a donc précédé les billets de banque dont l'invention date du XVIIème siècle. Les moyens de paiement scripturaux (carte, chèque, virement, prélèvement, etc.) sont des dispositifs qui permettent le transfert des fonds tenus en compte par des établissements de crédit ou des institutions financières assimilées suite à la remise d'un ordre de paiement. Le développement de la monnaie scripturale repose sur deux principes :
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1.3.1 Commodité |
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Commodité des règlements effectués par jeux d'écriture sans exiger le déplacement du débiteur et/ou du créancier. |
1.3.2 Sécurité |
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Sécurité des règlements car l'utilisation de la monnaie scripturale rend leur preuve facile grâce à la comptabilité des E.C. et évite les dangers de perte ou de vol. |
1.3.3 Composition |
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Pour assurer ce bon fontionnement, à la fois commode et en toute sécurité, la monnaie scripturale doit avoir des conditions dans sa composition : Ce sont les dépôts à vue dans les E.C. qui constituent la monnaie scripturale. |
1.3.4 Circulation |
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Il existe plusieurs moyens, plusieurs supports pour matérialiser l'ordre, pour faire circuler la monnaie scripturale :
Les effets de commerce (Lette de change et billet à ordre) bien que permettant de faire circuler la monnaie, sont avant toute chose, des instruments de crédit avant d'être des moyens de paiement. Ils ne sont donc pas analysés ici. |
La monnaie constitue la liquidité par excellence. L'analyse de cette liquidité passe par la définition de la Masse Monétaire, ou des Masses Monétaires...
« La masse monétaire est constituée par le stock de créances parfaitement liquides détenues sur le secteur bancaire par le secteur non bancaire ». Cette définition n'est pas satisfaisante car trop restrictive et ne correspondant plus aux réalités d'aujourd'hui. Le Conseil National du Crédit et du Titre (CNCT) propose donc une autre définition.
« La masse monétaire est le total des disponibilités monétaires et quasi-monétaires gérées par les Établissements de Crédit. ».
Cf. les Agrégats Monétaires.
La masse monétaire permet de connaître l'ensemble des disponibilités. Il s'agit d'une comptabilité de stock. Mais il est également important de savoir avec quelle intensité les agents économiques utilisent ce stock de monnaie. Il s'agit du concepte de vitesse de circulation de la monnaie. Aujourd'hui en France, la Banque de France calcule deux indicateurs selon deux approches différentes :
Consiste à recenser les règlements et à les rapprocher du stock monétaire. Il s'agit d'un calcul statistique pondéré effectué par sondage des services de la Banque de France. Cet indicateur permet de montrer l'influence de la politique d'encadrement du crédit sur la demande de monnaie.
Pendant les périodes restrictives sur le crédit, les A.E. mobilisent leurs encaisses inactives. La vitesse de circulation s'accroît.
Rapport entre un agrégat de la comptabilité nationale (par exemple le PIB) et le stock de monnaie. Il s'agit donc d'un indicateur synthétique.
V = |
PIB en valeur / Disponibilités monétaires (M4) |
Ces variations mesurent le degré de liquidité monétaire souhaité par les A.E. non-financier ; c-à-d leurs besoins. En période de stabilité monétaire, la vitesse diminue. En période d'inflation, la vitesse augmente.
Nous partons du Bilan simplifié d'une banque :
Bilan Banque "A" | |
---|---|
ACTIF | PASSIF |
Créances | Dépôts |
Titres |
Dettes
(dont Comptes rémunérés) |
Immobilisations | Fonds Propres |
Cf. le Bilan d'une Banque...
Imaginons une opération de crédit accordée par la Banque "A" à son client M. X. Cette opération est immédiatement inscrite au crédit du compte de M. X que celui-ci peut décaisser. Il s'agit donc d'un prêt :
Bilan Banque "A" | |
---|---|
ACTIF | PASSIF |
Créances
Créance sur X : +10.000 |
Dépôts
Compte de M. X : +10.000 |
Titres |
Dettes
(dont Comptes rémunérés) |
Immobilisations | Fonds Propres |
Grâce à son solde créditeur, M. X peut se livrer à une opération commerciale avec Y :
Bilan Banque "A" | |
---|---|
ACTIF | PASSIF |
Créances
Créance sur X : +10.000 |
Dépôts
Compte de M. X : 0 |
Titres |
Dettes
|
|
Dont Comptes rémunérés :
Compte de M. Y : +10.000 |
Immobilisations | Fonds Propres |
Y a une autre banque, la Banque "B" ; il y dépose le chèque de X sur un compte rémunéré (en rouge) : après compensation, la Banque "B" détient le chèque tiré par X sur la Banque "A". Mais elle n'en veut pas parce qu'il ne porte pas d'intérêt.
Elle demande donc à la Banque "A" de lui racheter en monnaie, que la Banque "A" dont d'abord emprunter à une autre banque sur le marché Interbancaire, c'est-à-dire à la Banque "B" puisqu'il n'y a que deux banques dans notre circuit... (en bleu).
Ou avec ce chèque, elle achète un titre portant intérêt à la Banque de X... (en vert).
Bilan Banque "A" | Bilan Banque "B" | |||
---|---|---|---|---|
ACTIF | PASSIF | ACTIF | PASSIF | |
Créances
+10.000 |
Dépôts | Créances
+10.000 |
Dépôts | |
Titres
-10.000 |
Dettes
+10.000 |
Titres
+10.000 |
Dettes | |
|
Dont Comptes rémunérés : | |
Dont Comptes rémunérés : Compte de M. Y : +10.000 |
|
Immobilisations | Fonds Propres | Immobilisations | Fonds Propres |
A priori, rien ne limite l'activité de crédit des banques, sinon la demande.
Pour que les banques ne fassent pas trop facilement faillite en cas de crise entraînant l'augmentation des risques (créances douteuses), la Banque des Réglements Internationaux a édicté des ratios prudentiels repris par les états membres :
Ratio Cooke |
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Fonds Propres / Total des engagements (créances) > 8% |
Les crédits font les dépôts : les banques créent de la monnaie en faisant crédit.
Lorsqu'il a « fuite » de sa sphère monétaire, une banque doit se refinancer.
Le marché où les banques empruntent et se prêtent au jour le jour de la monnaie est le « marché interbancaire » : le taux y est celui de l'argent « au jour le jour ».
Les contreparties de la masse monétaire représentent les sources de la création monétaire. Comme nous trouvons les agrégats de monnaie dans la comptabilité des Établissements de Crédit, les contreparties sont les regroupements de l'ensemble des postes non monétaires. Regroupements effectués selon des critères pertinents du point de vue de l'analyse économique.
Le premier regroupement se fait selon le critère Résident / Non-résident.
Nous avons vu qu'était extrait des agrégats monétaires, les avoirs des Non-résidents. Dès lors, l'ensemble des avoirs et engagements des Établissements de Crédit envers les Non-résidents doivent être regroupés pour constituer la contrepartie extérieure. Ceci est cohérent avec les statistiques nationales et en particulier la Balance des paiements.
Les variations de la contrepartie extérieure correspondent, à quelques nuances près (du aux variations de cours de monnaie selon la date de l'étude), aux mouvements dus au solde des transactions courantes et aux mouvements de capitaux.
Le second regroupement correspond aux financements des agents économiques non-financiers résidents et regroupé dans la notion de crédit interne. Celui-ci est ventilé en fonction de la nature du débiteur, soit :
Cette décomposition privilégie le critère de comptabilité nationale de l'agent économique et ne prend en compte le support financier (prêts bancaires ou titres) que de façon secondaire.
Schéma de la Masse Monétaire et de ses contreparties (simplifié) |
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M3 = Extérieur |
+ Crédit interne |
+ Solde des opérations diverses (notamment du circuit d'encaissement et de recouvrement des chèques et effets) |
– Ressources non monétaires nettes des établissements |
Cependant, le fort développement de l'activité titres dans les années 1980 a perturbé cette vision simplificatrice des contreparties de la masse monétaires car les banques ont augmenté la part de leur activité pour elle-même sans qu'il y ait nécessairement une contrepartie dans le sens intermédiation du terme. Désormais, les contreparties se prêtent mal à des calculs d'objectif monétaire détaillés.
Le crédit interne ne retrançant que la partie du financement de l'économie assurée par les établissements de crédit, et la part des crédits désintermédiés augmentant, il fallait trouver un nouvel agrégat recensant le financement global de l'économie.
C'est l'Endettement Intérieur Total (EIT) ; qui mesure l'ensemble de l'endettement des agents non financiers résidents auprès des établissements de crédit, sur les marchés de capitaux internes et par emprunts à l'étranger.
Ancien nom : Crédit Intérieur Total.
Mes sources pour ce cycle de conférence fûrent :
- L'Économique
Paul A. Samuelson. Tome 1 & 2 – Collection U – Armand Colin 1978. Professeur d'économie au M.I.T.- Économie Contemporaine
Denise Flouzat. Tome 1 – Les fonctions Économiques – PUF 1979. Professeur d'économie à Paris I. Membre du CPM.- Dictionnaire Electronique pour la Finance et l'Informatique (DEFI)
Thierry Feltz.
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